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Faire sa demeure: 11 janvier au 23 mars, 2014, GAO

La ville de Toronto a connu une croissance rapide et une prospérité grandissante dans les années 1950, et l’audace et la vigueur des membres du Groupe des Onze a contribué à ce nouveau cosmopolitisme. Les artistes du groupe ont été réunis pour la première fois dans le cadre de l’exposition Abstracts at Home, présentée en 1953 au grand magasin Simpson, laquelle avait pour objectif de rapprocher l’art abstrait et la vie quotidienne. L’intention consistait à faire découvrir au public de Toronto les stimulants développements artistiques qui avaient alors cours sur la scène internationale. Au moment où le groupe se sépare, en 1960, la peinture abstraite était bien implantée au Canada.

Les œuvres des membres du Groupe des Onze ont fait l’objet d’acquisitions partout au Canada et à l’étranger, y compris par les collectionneurs d’Ottawa O. J. et Isobel Firestone. The Robert McLaughlin Gallery conserve aujourd’hui le plus grand nombre d’œuvres du Groupe des Onze. Alexandra Luke, qui a été membre du groupe, a contribué à la fondation de cette galerie à Oshawa, en Ontario, en 1967, en offrant en don 37 œuvres qui allaient donner le coup d’envoi à la collection. Cette exposition, qui s’intéresse à la portée du groupe, se compose de tableaux majeurs de chacun des membres tirés de l’importante collection d’Oshawa et d’œuvres de la Collection Firestone d’art canadien.

La peinture dans les années 1950 était grandement influencée par l’ambiance politique et intellectuelle qui régnait à New York et deux de ses critiques marquants, Clement Greenberg et Harold Rosenberg. Ce dernier insistait sur l’importance de l’acte de peindre en soi, tel qu’en fait foi sa déclaration : « Ce qui doit se passer sur la toile n’est pas une image, mais un événement1. » Les rythmes visuels audacieux de William Ronald témoignent clairement de cette conception de la peinture. Greenberg mettait l’accent sur la spécificité du médium – la planéité du support et la matérialité de la peinture. Ce dernier a visité le groupe de Toronto à plusieurs reprises. Il a eu une influence significative sur Jack Bush qui a progressivement épuré son approche pour se concentrer sur les couleurs primaires et des formes simples.

Outre l’attention qu’ils portaient aux questions formalistes, les membres du groupe accordaient aussi une certaine importance au contenu. Ils partageaient un intérêt pour les réalités cachées, soit par l’expression de l’inconscient grâce au mysticisme et à une gestuelle spontanée ou par l’élaboration de formes microscopiques et de motifs observés dans le champ des mathématiques ou en musique. L’audace et l’esprit de rébellion intellectuelle du groupe sont représentatifs du vent de renouveau qui soufflait sur le pays, alors soucieux de conserver son image conservatrice.

David Kaarsemaker, MAV '14, commissaire invite

Bringing it Home: Abstraction and the Painters Eleven, January 11 to March 23, 2014, OAG

The 1950s was a decade of rapid growth and increasing prosperity for the city of Toronto and the Painters Eleven were a brash and exciting part of this newfound cosmopolitanism. This group of artists initially came together through their inclusion in Abstracts at Home, a 1953 exhibition of paintings in Simpson’s department store designed to bring abstraction into proximity with daily life. They were united in a desire to bring to Toronto the exciting artistic developments occurring on the international stage. By the time they disbanded in 1960, they had helped cement the reputation of abstract painting in Canada.

Painters Eleven works were acquired across Canada and abroad, including by Ottawa collectors O.J. and Isobel Firestone. Currently, the major holding of Painters Eleven work is at The Robert McLaughlin Gallery. Alexandra Luke, a member of the group, helped found this public gallery in Oshawa, Ontario in 1967 by gifting 37 works that were the beginning of its collection. Alongside the works from the Firestone Collection of Canadian Art, this exhibition explores the impact of the group by featuring one important painting by each member from this significant Oshawa collection.

Painting in the 1950s was heavily influenced by the political and intellectual climate of New York City, and two of its most influential critics were Clement Greenberg and Harold Rosenberg. Rosenberg focused on the importance of the act of painting itself, evident in his statement “what [is] to go on the canvas [is] not a picture but an event.”1 These ideas are manifest in the bold visual rhythms of paintings by William Ronald. Greenberg supported work which emphasized medium specificity – the flatness of the support and the materiality of paint. He visited the Toronto group several times and had a particular impact on the work of Jack Bush, who gradually simplified his approach, focusing on primary colours and basic shapes.

In addition to these formalist concerns, Painters Eleven members were also content-driven. They shared a concern for hidden realities, either through the unconscious as expressed through spontaneous gesture and mysticism, or through the microscopic forms, and the patterns observed in math and music. The group shared a spirit of intellectual rebelliousness, and a bravado that came with breaking new ground in a nation that was trepidatiously shedding its conservative self-image.

David Kaarsemaker, MFA '14, Guest Curator